Cette étude comporte quatre traductions destinés à éclairer le lecteur sur la pratique du hatha-yoga basé sur les textes classiques. Ils sont les suivants:

Goraknath Samhita

Hatha yoga pradipika

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Gheranda samhita

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Shiva samhita

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Le hatha yoga est considéré comme une des branches du yoga. Hatha signifie ‘force’ ou ‘force vitale’ mais ‘ha’ peut aussi signifié soleil ou force pranique ou pingala nadi et ‘tha’ la lune ou force mentale ou ida nadi dans le sens du kundalini yoga afin d’eveiller le canal central sushumna.

D’après la légende, le hatha yoga est originaire du dieu Shiva qui instruisit Parvati sa partenaire mais un poisson (matsya) entendit ce discours et devint un yogi appelé plus tard matsyendranath. Ce maître initia Gorakshanath, qui instruisit d’autres disciples. Le plus ancien texte du hatha yoga est le Goraksha Samhita écrit par Yogi Gorakshanath au 11 ème siècle et connu comme responsable de la popularisation du hatha yoga comme on le connait maintenant. Il écrivit également le Siddha siddhanta paddhati, le Gorakshataka, le yoga Martanda ainsi que le yoga Chinatamani. Le hatha yogi puisent ses racines dans le tantra et developpe la préservation du prana dans le corps et la stabilité mentale afin d’accéder au samadhi ou libération grâce à la montée de la kundalini.

 

Histoire

L’origine du haṭhayoga est bien antérieure au 15ème siècle de notre ère, date à laquelle il est codifié dans le texte sanskrit intitulé Hatha-yoga pradipika « Petite torche du Hatha-yoga », composé par le Yogi Svatmarama. En effet, le haṭhayoga a reçu des influences tantriques et shivaïtes remontant à l’époque médiévale des siddhas yogin (Gorakhnatha) voire plus ancienne encore. On trouve également l’utilisation de postures dans la civilisation harrapéenne . En Occident, la pratique du haṭha yoga s’est popularisée au XXesiècle.

 

Indus

Dans les années 1920, une équipe d’archéologues dirigée par John Marshall découvre, sur les bords de l’Indus (Pakistan actuel), les ruines de la cité de Mohenjo-daro qui aurait été fondée trois mille ans avant notre ère. Parmi les objets mis au jour lors de ces fouilles, des sceaux illustrés de personnages dans des postures (asana) de méditation telle la position du lotus ont provoqué un débat, sans qu’il y ait de certitude à ce sujet, sur la possibilité que le yoga ait existé bien avant qu’ils soient amenés dans le nord de l’Inde par les aryens et avant même les Vedas. Selon Mikel Burley, de l’université de Leeds, « Une autre erreur consiste à penser que le Hatha Yoga est relativement récent dans la tradition indienne (…) On trouve en fait des postures au sein de la culture Harrapan (…) ceci démontre que les pratiques classiques du Hatha Yoga reposent sur des traditions plus anciennes». Mais de penser, en voyant des artefacts de yogis en position de méditation, qu’il s’agit du hatha-yoga est très rapide. La méditation existait bien avant le hatha-yoga et la position du lotus n’appartient pas exclusivement au hatha-yoga. Certains pensent plutôt que la spiritualité de la civilisation serait le yoga des origines, un yoga à visée mystique comme le raja-yoga, et le yoga que Krishna enseignait à Arjuna, comme décrit dans la Bhagavad-Gîtà.

 

En Inde

En Inde, la plus ancienne pratique du yoga doit ses lettres de noblesse aux yoga-sutras de Patanjali (IIe s. av. J.-C.). C’est le Yoga classique ou Raja-yoga qui a pour but la libération spirituelle de l’être humain (moksha). Le Hatha-yoga, lui, est une forme plus tardive de Yoga élaborée par les Nâtha ou Siddha-yogis vers le XIIe siècle, et recherchant la perfection corporelle comme moyen d’accès à la libération spirituelle. Cette forme de Yoga est codifiée dans le texte sanskrit intitulé, « Petite torche/ hatha-yoga », composé par le Yogi Svātmārāma (XVe s.), et commenté par Brâhmânanda, auquel il faut ajouter la Gheranda samhita et la Shiva samhita.Par ailleurs, la Centurie de Goraksha (Goraksha-shataka) et le Guide des principes des Siddhas (Siddha-siddhânta-paddhati) sont des textes de la même école.

Yogis modernes

Shivananda est né en 1887 dans l’État du Tamil Nadu en Inde dans une famille de brahman orthodoxe. Après avoir été plusieurs années médecin en Malaisie il renonce au monde et commence une vie monastique en 1923. Il a vécu la plus grande partie de la fin de sa vie à Rishikesh dans le nord de l’Inde. Il a fondé en 1936 la Divine life society (La Société de la vie divine), qui a pour objet d’œuvrer à la paix et la formation de citoyens pratiquant un yoga intégral basé sur 12 postures, des pranayamas et du bhakti-yoga et meditations ; il est le précurseur de l’ouverture de l’hindouisme aux occidentaux sur la base d’un principe: « Servir, aimer, purifier, donner, méditer et réaliser. »

Il est l’auteur de plus de 200 livres, notamment sur le Yoga et le Vedanta.

Né en 1918, B.K.S Iyengar est un maître de haṭha yoga qui vit en Inde méridionale, à Pune. Sa particularité est d’utiliser des supports (blocs, bolsters, ceintures, chaises…) dans les asanas. Son enseignement et celui de Patthabis Jois (fondateur de l’ashtanga yoga ) se fondent sur leurs expériences à Mysore, dans les années 1930, avec Krishnamacharya dont le fils, T.K.V Desikachar est aussi professeur de haṭha-yoga et yoga thérapeute (fondateur du viniyoga)

Afin de tenter d’arrêter des tentatives de demandes de droits de copyright sur la pratique de certains asanas de yoga, (comme c’est déjà le cas aux États-Unis pour plus de 200 asanas), de la part de certains enseignants opportunistes, l’Inde a achevé une documentation décrivant 1300 asanas qui sera transférée à la «Bibliothèque numérique des savoirs traditionnels» (TKDL – Traditional Knowledge Digital Library -), qui rendra publiques ces connaissances ancestrales. Cette documentation est fondée sur : Srimad Bhagavat Gita, Vyas Bhashya, Yogasava Vijana, Hatha Praditika, Gheranda Samhita, Shiva Samhita, Yoga Sutras de Patanjali et Sandra Satkarma pour expliquer en détail et en différentes langues tous les asanas connus et les références sur le yoga.

En novembre 2014, le Premier ministre indien Narendra Modi crée un Ministère du yoga, dont les prérogatives s’étendent aussi aux médecines traditionnelles indiennes : ayurveda, unani et siddha, incluant aussi l’homéopathie et la naturopathie.